Parent de joueur d’échecs, pas si facile !

Etre de bons parents, sujet pas facile s’il en est. En règle générale, on essaye de faire au mieux, et on ne réussit pas toujours. Pourtant pour la performance sportive, il existe quelques règles, ou plutôt des bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves.

Lors du récent tournoi de Bayonne organisé par Aroki, l’arbitre Pierre Lapeyre avait affiché les douze conseils aux parents des jeunes sportifs. J’ai trouvé cette initiative particulièrement pertinente. Et de regretter que tout le monde ne la lise pas !

La voici :

12 conseils aux parents des jeunes sportifs
12 conseils aux parents des jeunes sportifs

Prenons le temps de voir les différents points soulevés :

Accompagner

Selon le Larousse, accompagner c’est être avec quelqu’un, lui tenir compagnie. Et au départ, la compagnon c’est quelqu’un avec qui on partage le pain. Accompagner, ce n’est donc pas seulement véhiculer ou amener, il y a une notion de partage qui est essentielle. Ceci dit, c’est encore moins diriger, piloter ou contrôler.

Faire confiance à l’éducateur

Il ne s’agit évidemment pas de faire une confiance aveugle et sans limite à l’éducateur. Toutefois, ce dernier a des compétences et a pour objectif la réussite de votre enfant. Remettre en cause ses conseils, ses avis, le critiquer, c’est saborder son travail. Par contre chercher à comprendre est tout à fait louable et poser des questions fait progresser.  Au final, lui faire confiance c’est permettre la réussite de chacun.

Encourager

Encourager, c’est transmettre la force nécessaire pour surmonter les obstacles, c’est donner de l’amour et de la confiance. Et pour ça personne ne peut remplacer les parents !

Accepter l’erreur

Pas toujours facile de voir son enfant se tromper, mais l’erreur est nécessaire pour progresser, pour grandir. Si votre enfant n’avait pas accepté l’idée de tomber et de se relever, aurait il appris à marcher ?

Ne pas donner d’instruction

J’ai en mémoire le cas d’un enfant qui avait gagné une pièce nette lors d’une de ses parties de tournoi contre un joueur bien mieux classé. Un de ses parents lui a alors dit qu’il ferait au moins nulle. Résultat, deux coups plus tard, il proposait nulle ce que son adversaire s’est empressé d’accepter. Durant la partie, il vaut mieux s’abstenir de tout ce qui pourrait s’apparenter à une instruction !

Respecter les arbitres

Les arbitres sont indispensables à toute compétition. Ils consacrent de longues heures au bon déroulement du jeu. Ce sont des passionnés avant tout. Ils font parfois des erreurs, eux aussi, mais ils font de leur mieux pour le respect des règles et leur esprit ! Et c’est déjà beaucoup et pas toujours aussi facile qu’il y parait.

Rester derrière la main courante

On voit là que cette affiche n’a pas été créée au départ pour les joueurs d’échecs … Il n’en reste pas moins que durant les parties, la compétition, il faut rester à la place dévolue au spectateur et ne pas interférer dans le cours du jeu.

Contrôler vos émotions

La pratique du jeu d’échecs est stressante, regarder son enfant jouer aux échecs est stressant. Pour l’enfant joueur il n’est pas toujours facile de gérer ses émotions, point n’est besoin de rajouter les émotions de ses parents. Si en plus les émotions, le stress de ses parents s’expriment avant une partie, c’est le meilleur moyen pour l’enfant d’échouer. Si vous n’êtes pas en capacité de contrôler vos émotions avant ou pendant une partie, le mieux est alors d’être absent et de partager ensuite.

Etre à l’écoute de votre enfant

La partie d’échecs est une épreuve qui parfois se termine bien, et parfois moins bien. Pratiquement à chaque fois, cela suscite des émotions chez le joueur, particulièrement chez l’enfant. Il faut savoir l’écouter, partager.

Respecter l’adversaire et les autres parents

On a tous plus ou moins tendance à voir nos enfants plus beaux qu’ils ne sont. Et dans les commentaires et discussions entre parents ou avec d’autres, il faut faire attention aux autres. Ainsi va la vie en société.

Valoriser les bonnes attitudes

Quand on participe à une compétition, le résultat est important. Mais le résultat n’est pas l’essentiel, à fortiori pour un jeune joueur. La compétition a des vertus éducatives, dans le bon sens comme dans le mauvais. Et quand c’est dans le bon sens, il faut le reconnaître, le valoriser, l’encourager.

Réconforter

Une défaite, ça peut faire mal, une nulle aussi d’ailleurs. Mal à ses ambitions, mal à ses croyances, mal à l’estime de soi. Réconforter est indispensable pour pouvoir passer à la prochaine étape, pour continuer, persévérer. Et pour ça qui peut remplacer les parents ?

Et pour finir ….

Je ne résiste pas à la tentation vous raconter l’histoire de la mère de Vincent Etcheto, entraineur de l’équipe de rugby de l’Aviron Bayonnais, ancien joueur talentueux. Dans une interview au journal l’Equipe, il expliquait pourquoi sa mère était interdite de stade !

«Ma mère est interdite de stade. Quand elle venait encore, elle était insupportable, chauvine. Un jour, alors que j’étais junior et qu’on jouait au stade des Remparts, elle a failli pousser par-dessus des supporters bayonnais qui me critiquaient ! Il ne fallait pas toucher à son fils ou à son mari. Mon père l’a donc interdite de stade et quand mon père est décédé, j’ai perpétué la tradition. Christiane Dauger-Etcheto, c’est un phénomène !»

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