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Accroitre la motivation du jeune joueur d’échecs

Le jeu d’échecs est un jeu compliqué. Vouloir progresser, maîtriser, étudier, gagner, c’est faire des efforts.

Or, la nature humaine étant ce qu’elle est, pour faire des efforts, il faut être motivé. Pour être motivé, il faut aimer, il faut désirer.

La motivation vers l’accomplissement personnel

 

Au départ, il y a le libre choix du jeune joueur, jouer aux échecs, ou pas.

Selon le Larousse la motivation se définit comme étant les “raisons, intérêts, éléments qui poussent quelqu’un dans son action”Elle se compose de la motivation intrinsèque, et de la motivation extrinsèque.

En route vers l’épanouissement

La motivation intrinsèque se définit par la poursuite d’une activité pour la satisfaction interne que l’on en tire. C’est la quête de la maîtrise, le plaisir de comprendre, de découvrir, le plaisir de jouer pour jouer, le plaisir de progresser, le plaisir de grandir. C’est une composante essentielle pour tout joueur qui souhaite progresser.

A l’opposé, la motivation extrinsèque se définit par la poursuite d’une activité pour la satisfaction externe. C’est le plaisir de gagner, de battre son adversaire, le plaisir de faire plaisir également. C’est là aussi une composante essentielle pour tout joueur de compétition en quête de résultats, quel que soit le niveau d’ambition.

En bref, pour qu’un jeune joueur réussisse, il faut tirer vers le haut motivation intrinsèque et extrinsèque. Chacun a son propre équilibre personnel entre ces deux composantes et même à l’intérieur de chacune des composantes.

Le rôle des parents, des accompagnants, des éducateurs est d’alimenter au mieux chacune des sources de motivation du jeune joueur en ne perdant pas de vue que l’objectif doit être avant tout l’épanouissement du jeune joueur. Or, l’alimentation n’est pas sans conséquences puisque comme nous l’avons vu dans l’article sur la gestion du stress le ré haussement de la motivation et donc des objectifs peut conduire directement à une élévation du niveau de stress.

Il n’en reste pas moins que parfois le jeune joueur ne montre pas toujours le niveau de motivation attendu par les parents ou les accompagnants. Comment le faire progresser ?

 

Accroître la motivation

 

On l’a vu, la motivation est basée sur le plaisir et le désir.

Le plaisir comme carburant

Le plaisir est quelque chose de totalement subjectif. C’est quelque chose qu’on ressent, qu’on partage. Encore faut il en prendre conscience !

Pour un même événement, on peut retenir les aspects positifs ou négatifs. Cela dépend uniquement de la perception qu’on en a. D’ailleurs par construction, on aura naturellement tendance à retenir l’aspect négatif et à ne pas déceler le plaisir procuré. Pourtant ce n’est pas le plus efficace. Ce n’est pas le mieux pour réussir, ce n’est pas le mieux pour prendre du plaisir.

Nous avons donc là une première piste de solution pour accroître la motivation, faire prendre conscience du plaisir ressenti, le souligner et bien l’intérioriser comme nous l’avons vu dans l’article sur la confiance en soi.

Ceci peut être effectué sur chacune des composantes de la motivation ! Cela induit des effets bénéfiques qui dépassent le champ des échecs. La confiance en soi ressortira alors plus facilement dans les autres domaines de la vie du jeune joueur, social, scolaire … Avec au final épanouissement et accomplissement personnel.

Du désir comme moteur

Le désir quant à lui est directement alimenté par l’imaginaire. S’il faut rester réaliste, il ne faut pas oublier de rêver. L’absence de rêves conduit à l’apathie.

A chaque rêve, le joueur fait un pas en direction de sa réalisation. Et plus il est consistant, plus il est réaliste, plus il devient du vécu et de la nourriture pour les futures réalisations, les désirs et les plaisirs à venir.

Outre le développement du désir et du plaisir, on peut également aller chercher d’autres ressources pour alimenter la motivation.

On peut aller chercher un modèle, un exemple. Pour un joueur de Tennis, ça peut être Roger Federer. Pour un joueur d’échecs, on peut aussi prendre exemple sur les champions.

En plus, maintenant, on peut trouver des images sur Internet de ses champions favoris, et donc s’en inspirer. Un argument de plus pour étudier également l’histoire des échecs !

 

La méthode à proscrire : La carotte et le bâton

 

C’est la méthode traditionnelle qui a fait ses preuves, mais aussi la preuve de ses limites. C’est faire passer la relation d’autorité avant l’épanouissement et l’accomplissement personnel du jeune joueur d’échecs.

Le bâton

Le bâton, c’est la contrainte. C’est dans sa version la plus soft “Pas de victoire, pas de chocolat” ou pas de télé, pas de tablette, pas de cinéma, rayez les mentions inutiles ! ça peut marcher, ponctuellement.

Et cela ne marchera que tant que la relation d’autorité fonctionnera, jusqu’au jour où ça ne fonctionnera plus. Mais ce n’est pas comme ça que se créera une véritable motivation pour le jeu d’échecs et la compétition.

Plus pernicieuse est la carotte !

Il faut d’abord distinguer la récompense de la carotte. Ce n’est pas la même chose ! La récompense c’est “tu as fait un bon tournoi, on va manger un panini au Nutella (non sponsorisé)”. La carotte c’est par exemple “Si tu obtiens tel résultat, tu obtiens ce que tu me demandes depuis des mois, ce dont tu rêves depuis des années”. La motivation devient alors liée à l’objet convoité à l’exclusion de toute autre.

La carotte, on l’a tous pratiquée. Et on l’a tous subie aussi, sous une forme ou sous une autre. Dans le monde professionnel, c’est l’augmentation de salaire, la prime, un titre … ça aide à faire passer la pilule, on y trouve des éléments qui font plaisir, mais c’est rarement un élément de satisfaction. Par contre, quand la carotte n’est pas celle qu’on espérait ou qu’elle disparait, quel extraordinaire outil de démotivation et de rejet cela devient !

Au bout du compte, la carotte c’est la perversion de la motivation. D’ailleurs, il est fort probable qu’en conséquence vous puissiez en voir les effets sur les parties non-primées, nulles rapides, absence d’investissement, de combativité et de créativité. La carotte c’est ce qui tue toute motivation intrinsèque.

La carotte comme le bâton peuvent fonctionner momentanément et c’est là le problème !

Mais au final , vous voulez saboter le plaisir d’un enfant ? Promettez lui une belle carotte !

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