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La gestion du stress durant la partie d’échecs

En compétition, aux échecs comme ailleurs, savoir gérer son stress est essentiel. Avant de vous noyer, il vaut mieux comprendre ….

 

Le stress c’est quoi ?

 

La situation de stress se caractérise par un déséquilibre dans la perception qu’on peut avoir de la situation, que ce soit avant la partie ou au cours du jeu. Le déséquilibre existe entre ce qu’on pense que la situation exige de notre part, et la base des ressources disponibles pour répondre à cette situation.

 

Nous pouvons donc créer le graphique suivant où en vertical se retrouve la perception que nous avons de ce qu’exige la situation et en horizontal la base de nos ressources qu’on estime disponibles.

 

graphique présentant la situation de déséquilibre du au stress
Graphique de gestion du stress

Et dans la pratique ?

 

Dans la zone A, on est dans une zone de stress maximale, on perçoit que les ressources disponibles sont insuffisantes. On est en situation de panique. C’est la zone où on se tient des discours internes défaitistes assez facilement ou où on a des objectifs trop importants. A priori les meilleures façon de gérer ce déséquilibre sont soit de modifier l’objectif, au lieu de se dire je dois gagner à tout prix, passer à un objectif de maîtrise de la situation. Autre moyen de le gérer, élargir la base des ressources dont on pense disposer en se rappelant ses propres qualités et en faisant donc s’élargir la confiance en soi.    

 

A l’opposé dans la zone E, on est dans une situation où on risque de faire des erreurs par excès de confiance. C’est la situation qui arrive quand on a pris un avantage matériel contre un adversaire moins bien classé, c’est la situation où on se demande quand l’adversaire va abandonner. On joue vite. Cela doit éveiller chez le joueur une alarme car c’est dans cette situation qu’un piège a le plus de chances de fonctionner. C’est dans cette zone qu’ont lieu les gaffes !

 

La zone D correspond à une situation un peu plus équilibrée, mais où on est quand même en excès de confiance. C’est la situation où on se dit qu’on va gagner, on ne vérifie pas toutes les variantes, on joue un peu trop vite. C’est le genre de situation où peut survenir un coup intermédiaire désagréable. Le meilleur moyen de gérer ce déséquilibre est de rehausser un peu son implication, son objectif.

 

La Zone B correspond à la situation inverse de la zone D. C’est une situation où le risque principal est une trop grande méfiance et donc de se perdre dans des calculs superflus, de tout vérifier et au final de s’assurer de rentrer en situation de Zeitnot. Il faut également faire attention à ne pas verser dans la zone A en se rajoutant de la pression ou en ayant des pensées négatives.

 

Enfin, la zone C correspond au niveau de stress optimum, où la partie paraît compliquée mais où on a le sentiment qu’on peut et qu’on va y faire face. Intégrer cette zone doit être la cible !

 

En tout état de cause il y a deux axes sur lesquels on peut agir, l’axe de la pression qu’on se met à soi même et l’axe de nos ressources perçues. Si la situation sur l’axe de la pression peut être modifiée dans un sens ou dans un autre, il n’en va pas de même pour celui des ressources perçues. Rétrécir cette base est très dangereux dans la quête de performance. Par contre il est possible de l’agrandir avec tous les outils possibles de développement de la confiance en soi.

 

S’il y a deux axes qui nous permettent de comprendre le stress et d’agir dessus, il convient de noter que le thermomètre est laissé à l’appréciation du stressé ce qui ne garantit en rien une bonne réponse au bon moment. Le mieux est donc de s’y préparer préalablement, d’avoir un feed-back compétent. Toutefois pour développer une meilleure gestion il faut prendre en compte les signes distinctifs qui se retrouvent généralement dans la gestion de la pendule.

 

La compréhension de ces différentes zones doit aussi permettre de mieux décrypter le jeu de son adversaire et de voir vers quoi on doit se diriger. L’intelligence, c’est de s’adapter. Par exemple face à un adversaire dans la zone B, il vaut mieux compliquer la position et faire preuve de patience alors que face à un adversaire dans la zone D, il n’est pas interdit de chercher quelques ressources tactiques peu apparentes.

 

Il est enfin à noter que le problème de la gestion du stress peut être traité de la même manière dans les autres activités de la vie courante.

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